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Étude de situation  – Les droits des personnes


Partage autour de notre vision du monde et nos orientations en tant qu’organisme de formation : la participation sociale et citoyenne…

« Le véritable voyage n’est pas d’aller vers d’autres  paysages, mais d’avoir d’autres yeux . ».


« Le modèle de la participation sociale revendique d’abord de faire de tout individu y compris celui qui a un désavantage, un acteur de sa propre vie comme du corps social 2 . ».
Se fondant sur la réaffirmation du droit à la dignité de toute personne humaine, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales de 1948, les politiques en faveur des personnes en situation de handicap sont dominées par la « participation dans l’égalité » ; cette notion s’entend comme la liberté de tout un chacun, de pouvoir bénéficier de dispositifs de droit commun, d’accéder à des biens
sociaux et de contribuer à des activités économiques, sociales et politiques.
La loi n°2005-102 du 11 février 2005 définit – en substance – le handicap comme la résultante d’une difficulté rencontrée dans un contexte donné ; malgré tout, les inégalités subsistent. En effet, même si la notion d’inclusion est devenue le mot d’ordre des politiques
en matière de handicap, notre société, tout au long de son histoire, s’est construite sur des phénomènes d’exclusion de l’Autre et de ce qui peut faire différence. Finalement, quel regard porte-t-elle sur ceux qui s’écartent de la norme ? Dans ce sens, Erving Goffman 3 nous indique que le terme de stigmate a été inventé par les Grecs pour désigner les marques gravées au fer rouge, sur le corps d’individus frappés par l’infamie. Même si aujourd’hui ce terme connaît diverses significations, le combat pour la liberté et l’égalité est toujours d’actualité. La première démocratie de l’histoire occidentale a vu le jour à Athènes, au VIème siècle avant J.C ; et pourtant, elle ne s’appliquait pas aux femmes, aux étrangers et aux esclaves. En 1789, la Révolution française proclame la liberté pour le peuple en abolissant les privilèges, mais
l’esclavage est maintenu jusqu’au 27 avril 1848 (date du décret qui interdit la possession ou le trafic d’esclaves). De même, le code civil de 1804 a consacré la notion d’incapacité juridique de la femme mariée ; cette dernière a été considérée comme une mineure pendant le XIXème
siècle et une partie du XXème siècle, au même titre que ses propres enfants.
D’une manière générale, même si les évolutions en matière d’inclusion sont indéniables,comme l’indique la Convention internationale de l’ONU – ratifiée le 13 décembre 2006 – relative aux droits des personnes handicapées, un changement de paradigme et de regard s’impose. En effet, la France a été condamnée pour la deuxième fois par le Conseil d’Europe – en date du 11 septembre 2013 ; décision rendue publique seulement le 05 février 2014 - pour ne pas respecter le droit à la scolarisation des enfants autistes, malgré l’article 15 de la Charte sociale européenne. Seulement 20 à 30 % d’entre eux sont scolarisés en milieu ordinaire.


1 Marcel Proust
2 PRIOU J., 2007, Les nouveaux enjeux des politiques d’action sociale et médico-sociale, projet de vie et participation sociale, Paris : Dunod.
3 GOFFMAN E., 1975, Stigmate, les usages sociaux des handicaps, Paris : PUF.


Au regard de ces éléments et au risque d’être provocateurs, peut-on parler de Droits des
Hommes ou de Droits de certains Hommes ?


Reconnaître la dimension citoyenne des personnes en situation de handicap implique de considérer leurs paroles et leurs situations avec une attention particulière. Dans ce sens, Jean-Jacques Rousseau, dans son ouvrage intitulé « Essai sur l’origine des langues », indique que « sitôt qu’un homme fut reconnu par un autre être sentant, pensant et semblable à lui, le désir ou le besoin de lui communiquer ses sentiments et ses pensées lui en fit chercher les moyens. Ces moyens ne peuvent se tirer que des sens, les seuls instruments par lesquels un homme puisse agir sur un autre. ». Il s’agit bien de reconnaître la liberté et la « capacité pour une personne de mener la vie qu’elle choisit 4  », tout en créant les conditions afin qu’elle devienne « autrement capable 5  », en utilisant les ressources dont elle dispose. Pour Paul Ricœur, l’éthique consiste à considérer « soi-même comme un autre 6  ». Ne s’agit-il pas d’envisager l’Autre comme une part de nous-mêmes ? En effet, comme le disait très justement Antoine de Saint-Exupéry 7  : « Si tu diffères de moi, loin de me léser, mon frère, tu m’enrichis. ».
Ainsi, même si les avancées en matière d’inclusion sont manifestes, nous ne pouvons pas nous en contenter. Notre responsabilité collective - en tant que citoyens - est convoquée.
Notre véritable mission n’est-elle pas, finalement, d’œuvrer pour un monde « plus juste » et pour tous ?
Comme nous le rappelle si poétiquement Aymeric Caron 8 , « c’est en faisant le choix conscient d’épargner et de protéger la vie que nous devenons des dieux qui méritent d’être salués. Sinon, nous ne sommes rien d’autres que des voyous. ».
 
4 RICOEUR P., 2004, Parcours de la reconnaissance, Paris : Gallimard.
5  CHASTENET D., FLAHAULT A., 2010, Handicaps et innovation, le défi    des compétences, Rennes : Presses de l’EHESP.
6 RICOEUR P., 1990, Soi-même comme un autre, Paris : Le Seuil.
7 DE SAINT-EXUPERY A., 1948, Citadelle, Paris : Folio.
8 CARON A., 2016, Antispéciste, Paris : Le Seuil.